Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

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Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eleftheria S. Moreas le Dim 2 Nov - 0:31

Je ne suis pas folle,
c'est juste ma vision du monde qui est différente de la votre.
Eleftheria Sappho Moreas
♦ Expérience RP ♦
J'ai un niveau de RP pas trop dégueu -je pense- vu que ca fait maintenant 5 ans que je roule ma bosse et que j'ai bien eu le temps de me stuffer et de lvl up rapidement. Je n'ai pas de style particulier -je crois-. En fait, mon style d'écriture s'adapte par rapport au personnage que je joue. Des fois j'écris à la 2e personne, des fois à la 3e. Plus rarement à la 1ere (quoi que là, j'le sens bien pour Leffy, mais je verrai). J'essaye de taper au minimum 1 page de texte et je me suis rapidement rendu compte que j'étais plus axée sur la description des lieux et sentiments de mon perso que sur ses actions. Je sais pas si c'est important à préciser '^'
♦ Châtain foncé
♦ Yeux marrons
♦ 1 mètre 65
♦ 58 kilo
♦ 95 C
♦ Enfantine
♦ Indomptable
♦ Libre
♦ Pyrophobique
♦ Sûre d'elle

♦ L'histoire d'une vie ne se raconte pas en quelques mots.
♦ Hétérosexuelle
♦ Sans expérience
♦ Plutôt M
♦ N'a connu que le contact de Vincent
♦ Informations Personnage ♦
Age : 19 ans
Surnom : Leffy
Groupe : Humain
Sexe : Féminin
Etudes/profession : Voleuse professionnelle
Signe distinctif : Tatouage sur l'épaule droite
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle
♦ Non rebelle
♦ Non vampire

♦ Description de votre personnage ♦
Un bruit sourd résonne, il éclate dans un écho qui ne semble jamais vouloir retomber. Il s'étale, envahi le temps et l'espace. La réflexion n'est plus de la partie, il faut courir. Sa respiration est haletante, saccadée. L'arme est fermement serrée entre ses doigts tremblant de fureur et d'effroi. Il faut courir encore plus vite, encore plus loin, leur échapper. Les murs des bâtiments défilent devant ses yeux à une vitesse inquiétante. Rien n'a vraiment de forme ou de couleur fixe. Tout est flou. Tout est sombre. La lune est pleine et pourtant, la ville est plongée dans une pénombre qu'on ne lui avait jamais connue. Les nuages noirs ont mangés le ciel et le peu de clarté qu'aurait pu offrir l'astre blanc. Il faut courir toujours plus vite, ne pas se laisser rattraper par les chasseurs. La vitesse est censé être son domaine, alors qu'est ce que l'empêche de courir aussi vite que d'habitude. Peut-être le petit corps fébrile accroché à son dos ? Peut-être la blessure à sa jambe ?

Ou peut-être tout simplement par qu'il n'avait jamais été aussi rapide que son maître. Il l'aurait voulu. Mais il n'aurait jamais pu. Sûrement que c'est cette différence avec son maître qui aura fini par avoir sa peau. Il continue de courir, mais il sait que c'est vain. Les chasseurs les ont rattrapés, sûrement grâce aux traces écarlates qu'il a parsemé sur son chemin, sûrement grâce à l'odeur du sang, sûrement à cause de sa lenteur. La maison est si proche de lui. S'il pouvait l'atteindre, s'il pouvait s'y réfugier, elle serait hors de portée. Un nouvel éclat retendit. L'odeur de la poudre et du sang se fait plus forte. L'épaule est touchée cette fois ci, mais il ne lâche pas le petit corps malgré la douleur. Encore un coup de feu. Il tourne à temps dans la rue adjacente pour éviter celle là. Il entend le choc métallique du lampadaire qui a été touché par la balle argentée. Le portail est face à lui, entr'ouvert. Sa survie n'est plus qu'à quelques mètres.

Mais les chasseurs ne l'entendent pas comme ça. Les éclats font rages dans cette dernière ligne droite. Laisser s'échapper une proie n'était pas dans leur habitude, ni même dans leur droit. Les chargeurs sont vidés. Un dernier râle de souffrance retentit dans l'allée vide. Le corps de leur proie tombe sous leur yeux. Son dos est criblé de trous qui se remplissent de sang et qui s'écoule sur le bitume glacé. L'un des chasseur s'approche, victorieux, et retourne le cadavre de leur proie. Il fronce les sourcils en recoiffant ses cheveux bruns. L'enfant n'est pas là. C'est en levant les yeux vers le portail qu'il aperçoit une masse gisant sur le sol. La masse est petite et menue, on entend sa respiration faible. Son front est couvert de sang, probablement à cause du choc dû à la chute de son protecteur, mais elle est encore en vie.

Un deuxième chasseur s'avance, suivit de près par le troisième. L'un, chauve comme un nouveau-né, exprime sa frustration en shootant dans le corps sans vie de leur proie et l'autre s'esclaffe en rangeant son arme. Le corps de la petite avait roulé sur le chemin de pavés jusqu'à ce qu'elle soit stoppée par les marches du perron de l'imposante maison. Le premier des chasseurs siffle entre ses dents en récupérant le goule mort à ses pieds comme maigre consolation. Les vampires n'avaient pas le droit de pénétrer dans une demeure où ils n'avaient pas été invités. La petite qui devait être punie était maintenant hors de leur portée. Le plus jeune des vampires, celui dont la chevelure rousse luisait à la lumière des lampes, haussa les épaules en empêchant son congénère -qui faisait deux têtes de plus que lui- d'arracher la tête du goule pour se calmer.

« Pas besoin de s'emporter comme ça, Moreas est pas con, il finira le boulot à notre place. » rit-il.

« Qu'il essaye, grogna le molosse, je crève d'envie de planter mes crocs dans la gorge de cette mioche. Elle l'aurait bien mérité. »

« Tu devrais mieux choisir ta nourriture, Aaron. », s'enquit le 3e en tenant éloigné le corps de sa proie du chauve.

« Ferme la, Julius, je bouffe encore ce que je veux ! »

Le brun soupira, il avait l'habitude de l'agressivité et du manque de savoir-vivre de son camarade. Il cala le corps du goule contre son dos et s'avança pour sortir de l'allée. Le chauve lui emboîta le pas en insultant la demeure -ce qui n'était pas bien utile. Le roux reste cependant un peu plus longtemps. Il fixe le corps de la petite qui pousse parfois des gémissements de souffrances. Ce n'était pas vraiment comme ci elle avait voulu voler au final. Elle avait simplement vu un étale de fruits et il avait dû lui sembler normal de pouvoir un prendre un pour se nourrir. Pourquoi tout ce cinéma -et cette énergie dépensée- pour une gosse de 10 ans ? Pire encore, pourquoi ce goule avait-il, sans raison particulière, décidé de la sauver ?

« Gareth ! Tu te ramènes oui ou merde ?! »

« J'arrive, j'arrive ! »

Il laisse ses pensées de côté et se hâte de rejoindre les deux autres vampires. En jetant un dernier regard derrière lui, il vit l'une des fenêtres de la demeure s'illuminer.

___________________________________
16 décembre - 9 ans plus tôt

L'agitation dans la nuit n'avait duré que quelques minutes. Tout le manoir avait été réveillé par les cris et les coups de feu qui avaient retentit juste devant leur nez, mais personne n'avait montré de signe de vie ou éveillé une curiosité quelconque pour voir ce qu'il se passait. Non, il était assez habituel d'avoir à faire à une chasse à l'humain par ici, après tout, le manoir n'était pas situé très loin de la place principale de la Cité. Cependant, l'un des habitants de la demeure n'était visiblement en accord avec les autres.

Ouvrant des paupières lourdes de fatigues, il jeta son drap sur le côté et plongea ses bras dans le peignoir bleu marine qui traînait près de son lit. Il sortit de sa chambre en soupirant et quitta l'aile ouest de son manoir pour se rendre dans le hall de l'entrée principal. Ayant repéré signe de vie, les esclaves de la maison sortirent la tête de la porte de leur chambre pour étudier ce qu'il se passait avant de voir la chevelure blanche de leur maître passer devant leur yeux. Ceux qui l'avaient vu s'étaient maladroitement postés devant leur porte, comme des soldats au garde-à-vous, et saluaient l'homme en s'inclinant respectueusement.

Il agita la main pour leur signaler de se redresser et s'activa jusqu'à la porte d'entrée. Une odeur douce et sucrée venait chatouiller son odorat au fur et à mesure qu'il s'en approchait. Il se stoppa en bas de l'escalier et pointa l'un de ses esclaves humain.

« Toi, vas me chercher une trousse de soin. Les autres, retournez dans vos chambres, je me charge de tout ça. »

« Bien maître. », dirent-ils tous d'une même voix.

Les uns et les autres s'activaient d'obéir aux ordres du vampire tandis que celui-ci laissait entrer un courant d'air frais dans l'enceinte de la maison. L'odeur du sang fut plus forte que jamais et agressait son esprit encore embué. Une large tâche rouge assombrit le sol devant le portail. Il serre le poing et accourt vers la marque. Il se penche et touche le bitume du bout du doigt avant de le porter à sa bouche : aucun doute, c'était le sang de Xanthe. Il regard le chemin devant lui en espérant apercevoir celui qui avait osé blessé l'un de ses serviteurs, mais le coupable était déjà parti, emportant visiblement avec lui le corps de sa victime comme trophée.

Il reste un long moment accroupi devant la flaque de sang qui sèche peu à peu sous ses yeux avant qu'un miaulement plaintif ne le sorte de sa contemplation. Derrière lui, une petite fille à la chevelure foncée. Elle le regarde, les yeux mi-clos. Rien que le fait de respirer semblait être pour elle une douloureuse torture. Il la regarde, surpris. Il ne semblait pas l'avoir vu lorsqu'il était sorti de la maison. Est-ce qu'il allait l'achever ? Est-ce qu'il la laisserait là ? Est-ce qu'il allait la torturer un peu ? Ou bien l'envoyer sécher sur la place des Pourris ? Chaque membre, chaque muscles la faisait souffrir, chaque centimètre de peau semblait avoir augmenté de sensibilité pour le plaisir de voir un simple souffle de vent la faire frémir.

L'information finit par arriver. Il se redresse et s'avance doucement vers elle. Elle a peur. Elle allait mourir, elle le savait. Son regard dur et sérieux parlait à sa place. Mais elle avait trop mal, elle était trop faible pour prétendre s'enfuir et tenter de survivre. Il s'approche encore plus. Chaque pas qu'il fait semble lui durer une éternité. Éternité qu'elle savoure comme elle le peut, avant de mourir, avant qu'on n'en finisse avec sa pauvre vie. Elle ne le quitte pas des yeux. Elle veut le voir, elle veut que le dernier visage qu'elle ait en mémoire, ce soit le sien. Le visage de celui qui l'aura achever. S'il lui était permis, elle reviendrait le hanter. Il se penche sur elle, la toise d'un air calme. Leurs regards se mélangent, ils se jugent mutuellement, pendant un long moment. Alors, il passe sa main sous sa nuque, l'autre sous ses genoux, et sans grand effort la soulève pour la coller à lui. Aussi doucement et précautionneusement qu'il le pouvait.

Dans ce mouvement malgré tout un brin trop brusque pour elle, elle se sent partir, monter au ciel. Elle est soulevée au delà des limites de son corps. Elle s'éloigne, s'envole, elle dépasse les toits des maisons et poursuit sa route en fixant la lumière blanche face à elle. Elle tend la main pour l'atteindre. Elle y est presque, elle doit plisser les yeux tant la lumière l'aveugle. Puis, une douleur déchirante lui transperce le crâne. Son bras se paralyse, la douleur se repent en elle comme un venin mortel. Son corps ne semble plus flotter mais au contraire, peser plusieurs kilos, plusieurs tonnes. La lumière devient peu à peu moins aveuglante. Son bras lourd finit par retomber de lui-même sur une matière moelleuse qui le fait légèrement rebondir. Elle attend. Elle analyse. C'était à ça que ressemblait le Paradis ? Impossible. Ou alors peut-être est-ce l'Enfer ? Oui, c'était bien plus probable comme raisonnement. Elle laisse sa tête tomber sur sa droite où elle aperçoit une fenêtre. A travers, elle distingue un ciel gris clair, parsemé de nuages de coton. Sur une petite table basse, une boîte de soin littéralement éventré à déversé son contenu sur la majeur partie de la surface utilisable du meuble. Il y a tout un tas de compresses imbibées de sang et d'autres liquides dégageant une forte odeur d'éthanol. Un raclement de gorge résonne à sa gauche. Elle tourne vivement la tête, attisant violemment la migraine qui tambourinait contre son crâne.

Un homme est assis sur une chaise, dans le coin le plus opposé au lit. Il a de courts cheveux d'un blanc éclatant qui se mélangent négligemment au dessus de sa tête et viennent même couvrir l'un de ses yeux. Il est vêtu d'une chemise grise et d'un cardigan noir. Un livre à la couverture de cuir vert entre les mains, il retire calmement les lunettes posées sur son nez et dépose le tout sur une commode près de lui. Tous ses gestes sont lents et mesurés. Il se cale dans sa chaise, pose ses coudes sur les accoudoirs et joint ses doigts entre eux, sans jamais quitter la jeune fille des yeux.

« Bien dormi ? »

La voix faussement inquiète et le sourire forcé de l'homme qui se trouve en face d'elle la fait réagir immédiatement. Puisant dans le peu de force qu'elle avait récupéré durant son sommeil, elle sauta hors de son lit et se colla précipitamment sur le mur près de la fenêtre. Regardant rapidement autour d'elle, elle s'empare d'un scalpel propre qui dépasse de la boîte et le pointe vers lui. Son corps tout entier tremble sous la douleur.

« N'approchez pas ! »

Son sourire ne s'efface cependant pas. Il reste assis, il la regarde. Il patiente, pour voir combien de temps elle va mettre avant de s'effondrer. Elle ne se fait pas attendre. Ses jambes se dérobent sous elle, mais elle sert son arme encore plus fort entre ses petits doigts. Au moment où elle s'apprêtait à s'étaler par terre, son corps est retenu et doucement assis sur le sol. Un bras l'enserre au niveau des épaules pour la soutenir. Elle relève la tête et croise à nouveau ce regard rouge cramoisi qu'elle avait vu avant de se sentir mourir. Il ouvre la bouche pour parler, laissant par la même occasion dépasser ses longues canines blanches.

« NON ! »

Elle se sent immédiatement menacée. Sans même réfléchir, elle ferme les yeux, balance son poing au hasard et plante brutalement le scalpel dans le premier morceau de chair venu. Ses doigts endoloris sont crispés autour de la lame qu'elle ne veut pas lâcher, comme ci cela pouvait lui coûtait la vie, et les spasmes sont de plus en plus présent. Il soupire. Il s'était attendu à tout sauf à ce genre de réaction. De toute manière, il n'aurait jamais cru qu'elle ne pourrait bouger ne serait-ce que le petit doigt. Il attrape son poignet et le rejette, envoyant valser la main qui se relâcha et laissa glisser le scalpel dans un écho cristallin. Le visage fin de l'homme s'assombrit, mais elle ne le regarde pas, tenant fermement sa main tâchée de sang qui s'agitait de peur sans qu'elle ne puisse l'arrêter.

« Est-ce que tu veux bien te calmer un peu !? », cria-t-il en choppant son menton pour la forcer à le regarder dans les yeux.

Elle n'ose même plus se débattre, elle a trop peur de le mettre encore plus en colère. Mais son corps secoué par la panique ne semble pas vouloir lui donner de répit. Il essaye de parler à nouveau, et ses bras se recroquevillent sur sa tête par réflexe, arrachant un soupire agacé à l'homme. Il se lève rapidement et la jette littéralement sur le lit, la faisant râler, avant d'aller ouvrir la commode. Il en sort un petit tas de vêtement qu'il balance sur son coussin avant de retourner s'asseoir.

« Tu ferais mieux de ne pas trop t'agiter. Tu as perdu pas mal de sang et vu ton état actu... »

« Vous allez me manger ? », le coupa t-elle.

Elle pose sur lui un regard aussi inquiet qu'interrogatif. Il secoue la tête en soupirant longuement. Il n'arrive pas à savoir si elle est sérieuse ou si c'est le coup qu'elle a prit sur la tête qui lui a fait perdre tout sens logique.

« Merci mais non merci. Je ne mange pas de ce pain là. »

Son ton est sec et cassant, comme si ce qu'elle venait de dire avait directement touché son égo. Ce qui était plus ou moins le cas, finalement. Un vampire qui se nourrirait à la gorge d'un humain, il était bien au dessus de ça. Bien qu'il avait dû longuement se retenir se sucer les plaies saignantes de la petite, la tentation n'était jamais bien grande.

Pendant un temps, elle se contente de l'étudier. Elle qui vivait dans la misère depuis presque cinq ans maintenant, elle avait apprit à se méfier des autres, et surtout de ces créatures immondes suceuses de sang. Sa mère lui avait raconté que son grand frère avait été tué par l'un d'eux alors qu'il était encore tout jeune, et que c'était à cause d'eux aussi s'il n'avait plus de toit où vivre. Et c'était eux encore qui lui avait enlevé sa mère il y a un an, la laissant seule et désarmée dans cette impitoyable ville. Certes, il lui avait fort probablement sauvé la vie, mais pour d'obscures raisons, elle n'arrivait pas à lui montrer une gratitude quelconque.

« Tu as un prénom peut-être ? », finit-il par dire alors que son silence devenait pesant.

Elle ne lui répond pas. Il attend un peu avant de soupirer à nouveau, blasé du rejet et de dégoût qu'elle semblait lui vouer. Il se lève doucement de sa chaise, récupérant son livre et ses lunettes, et se dirigea vers la porte. Elle ne le lâche pas des yeux.

« Dès que tu seras plus encline à communiquer, fais-moi signe. Des humains passeront de nourrir dans quelque temps, ils ne te feront pas de mal donc ne te méfie pas d'eux. »

Il claque bruyamment la porte en sortant, accentuant la sortie théâtrale et agressive dont il venait de faire preuve, et hèle dans le couloir un certain Kwang. Elle n'entend pas ce qu'elle lui dit, juste quelques murmures prouvant qu'ils étaient encore devant la porte de la pièce. La jeune fille se tasse, se recroqueville près de la tête de lit. Elle essaye d'écouter ce qu'il se dit de l'autre côté de la porte, en vain. Des pas résonnent, puis le silence revient. Ses tremblements se sont calmés, mais la peur est toujours bien présente. Qu'est-ce que ce vampire avait l'intention de faire d'elle ? Pourquoi l'avoir sauvée ? Pourquoi l'avoir gardée en vie ?

Non, en fait, il y avait une question plus importante que ça : comment était-elle arrivée là ? Pourquoi était-elle arrivée là ? La veille, elle était encore entrain d'essayer de subsister comme elle le pouvait, en empruntant de la nourriture aux vendeurs du marché tandis qu'ils terminaient leur journée. Puis quelqu'un la remarquée, lui a attrapé le poignet. Sans explication logique, la suite reste floue. Quand elle a rouvert les yeux, sa tête lui faisait un mal de chien, et il y avait face à elle un homme au regard dur qui s’apprêtait à la tuer. Deux grosses larmes coulent le long de ses joues roses, ne sachant pas vraiment si c'était la joie d'être encore en vie ou la peur de servir de garde manger à ce vampire.

La porte s'ouvre, et elle relève immédiatement la tête. Sa vue est troublée par les larmes qu'elle verse, mais elle remarqua bien vite que la personne qui avait pénétré dans la chambre n'était pas le vampire. C'était un garçon, un adolescent, aux courts cheveux noirs corbeaux et aux yeux couleurs onyx. Il était petit et maigre, et son corps semblait avoir subit tous les malheurs du monde. Ses bras nus et sa gorge étaient marqués de nombreuses cicatrices en forme de morsures. Elle l'observait se mouvoir lentement vers elle, les yeux ronds. Il tenta un sourire maladroit en posant le plateau qu'il portait sur le lit -la table de chevet étant envahie de divers objets médicaux.

Dans le plateau, des fruits et un morceau de viande lui était proposé. Elle fronça les sourcils, méfiante, avant de reporter son attention sur le garçon. Il lui avait dis que c'était un humain qui viendrait la nourrir, logiquement, il ne lui ferait rien. En même temps, vu l'état de fatigue et de faiblesse dont il était victime, elle aurait sûrement pu avoir le dessus sur lui, bien qu'il soit plus vieux qu'elle. Voyant qu'elle ne touchait pas à son assiette, le garçon lui toucha l'épaule, puis tapota sur sa bouche, se frotta le ventre puis la pointa du doigt. Elle comprit bien vite.

« Tu es muet ? »

Il sourit tristement en hochant la tête en montrant une cicatrice brune sur sa gorge. Il imita des dents de vampires avec ses doigts et pointa la trousse de soin sur la table.

« Un vampire t'a tranché la gorge et on t'a soigné, mais tu as perdu la parole. »

Il secoua la tête. Son visage s'illumina, comme s'il venait d'avoir une idée géniale. Il sortit un bout de papier du tiroir de la commode et fouilla encore un moment jusqu'à trouver un crayon. il griffonna sur le papier avant le lui tendre. "Un goule m'a attaqué. C'est maître Vincent qui s'est occupé de moi." L'écriture était maladroite et faible, mais le déchiffrage fut facile.

« Vincent, c'est ce vampire ? »

Il haussa les sourcils, cette question était visiblement stupide. Ou alors peut-être était-ce parce qu'elle ne l'avait pas appelé maître, ou parce qu'elle l'avait nommé "ce vampire". Toujours est-il qu'il semblait surpris de son audace, ou de sa folie.

« Il est si méchant que ça, ce Vincent ? »

Il s'indigna, arracha pratiquement le papier de ses mains et écrivit rapidement dessus. "Maître Vincent est un homme bon. Il prend soin de chacun d'entre nous." L'écriture était plus tremblante que la première. Comprenant qu'elle l'avait offensé, elle s'excusa et attrapa une clémentine sur le plateau qu'elle éplucha avec difficulté. Le garçon ne quitta pas la pièce. Il restait debout à côté du lit, comme s'il la surveillait. Peut-être qu'il avait peur que le futur repas de son cher maître ne tente de s'échapper après avoir récupéré des forces.

« Qu'est ce que vous avez l'intention de faire de moi ? Vous allez me garder prisonnière ? Je vais devenir une esclave ? », demanda t-elle calmement en fixant sa clémentine épluchée.

Il ne répondit pas. Il ne le pouvait pas de toute façon. Il ne devait pas savoir. Il s'approcha pour caresser le haut de son crâne, cherchant sûrement à la rassurer. Ce geste eu cependant l'effet inverse. C'était plutôt comme s'il lui souhaitait du courage pour ce qui allait lui arriver par la suite. On entra alors dans la chambre. Elle se pencha pour voir qui venait d'arriver et son inquiétude s'agrandit encore ; le vampire.

« Kwang, va aider Firenze dans les cuisines. Ah, et pour ça, n'en parle à personne s'il te plait. »

Kwang sembla rire. Apparemment, il avait apprit à s'amuser de son mutisme plutôt que de s'en apitoyer. Ou alors il avait trop peur de son maître pour râler devant une offense pareille. Il salua le vampire et ferma doucement la porte derrière lui. Vincent se tourna alors vers elle.

« Mange. », lui ordonna t-il.

Il repartit s'asseoir sur sa chaise. Ses yeux s'emplirent à nouveau de larmes, qu'elle tenta de retenir au maximum. Elle ne voulait pas devenir l'esclave d'un monstre. Elle divisa sa clémentine et mangea les quartiers un à un en chouinant. Il ne la quitta pas des yeux. Elle tata la viande du bout de sa fourchette mais n'osa pas y touché. En fait, son estomac était trop noué pour qu'elle ne s'essaye à manger plus que ça. Elle joua ainsi avec le steak, en espérant que l'homme finirait par se lasser d'être là et de partir.

« Tu pourrais être un peu plus coopérative. Kwang a sacrifié son repas pour toi. »

« Je n'en veux pas ! Qu'il le reprenne ! Je ne vous ai rien demandé ! »

Ses joues s'empourprèrent, et elle ne prenait plus la peine de retenir ses sanglots. Vincent se recula dans son siège. Les réactions de la petite l'effrayait plus qu'autre chose, au final.

« Laissez moi partir, s'il vous plaît. Je ne veux pas devenir une esclave... »

« Tu ne peux pas partir. », répondit-il simplement.

Son visage était sérieux et son seul œil qui la toisait la pétrifia et stoppa ses larmes. Il semblait detester cette situation autant qu'elle en fait.

« Pourquoi...? Je n'ai rien fais de mal... »

« Justement si. La troupe de Theyn veut ta peau. Ils sont encore jeunes, mais pas téméraire au point de venir ici pour finir le travail. L'un d'eux est passé ce matin, il m'a demandé ce que j'avais fais de toi. Je lui ai dis que je t'avais donné à manger à mes goules et que tu n'avais pas eu le temps de voir le soleil se lever. Il était ravi. »

Un sourire malsain s'était peint sur son visage pâle.

« Il faut dire que l'odeur de ton sang s'est rependu dans tout le hall de l'entrée, il n'a pas eu de mal à me croire. Par contre, s'il sait que tu es encore en vie, c'est moi qui risque d'avoir des problèmes. »

« Mais pourquoi...? Je ne leur ai rien fais, à ces Theyn ! Je ne les connais même pas ! »

« A leur âge, les vampires n'ont pas besoin de raison pour tuer. Ils aiment ça, asseoir leur pouvoir sur les plus faibles. Ils ont jugés juste de te punir quand ils t'ont vu voler ce marchant. »

Elle baissa la tête. Elle avait bel et bien était sauvé par ce vampire. Mais maintenant, elle ne pourrait pas sortir d'ici sans prendre le risque d'être retrouvé par ces gens et de mettre Vincent dans l'embarras. Comme ci le poids qu'elle avait sur l'estomac s'était miraculeusement dissout, un grondement affamé s'échappa de ses entrailles, et sans demandé son dû, elle se jeta avidement sur le morceau de viande froid.

« Et donc, comment tu t'appelles ? »

___________________________________
31 décembre - 5 ans plus tôt

La neige avait tout recouvert. Le jardin, les allées, les arbres, et même le ciel. Tout était blanc, tout était calme et endormi. Son nez était collé à la fenêtre, floutant celle ci avec la buée qui s'échappait d'entre ses lèvres. Elle aurait tellement aimé aller dehors, jouer dans la neige, se rouler dedans, faire des sculptures, des batailles. Mais il y avait une règle qu'elle n'avait pas le droit d'enfreindre ici : sortir de l'aile ouest du manoir.

Elle avait accès à la bibliothèque remplis de milliers de livres dans tout un tas de langues différentes. Elle pouvait se balader dans les couloirs, dans les nombreuses pièces réservés à l'usage du maître, mais elle ne pouvait franchir la porte donnant sur le reste du bâtiment. Les seules personnes qu'elle voyait, c'était Kwang, un esclave muet et maigrichon avec qui elle partageait ses repas, et Vincent Moreas, le vampire maître de cette maison. Les autres esclaves et goules, elle ne les avait jamais rencontré. Vincent ne voulait pas prendre le risque que l'on découvre qu'elle était ici, il avait donc limité ce secret à Kwang,  en qui il avait une confiance totale et qui ne pourrait de toute manière raconter à personne.

Les premiers jours, ça avait été dur. Elle avait tenté de s'enfuir par la fenêtre, mais celle ci avait été scellé. Elle avait passé une semaine à cogner contre la porte pour qu'on la laisse sortir. Elle avait finit par se dire qu'elle s'en moquait bien si les Theyn voulaient la tuer, et qu'elle serait bien contente si ce vampire qui la gardait enfermé avait des problèmes pour l'avoir gardée en vie. Une douleur lansciente lui traversait aussi le bras depuis qu'elle était arrivée, sans qu'on ne sache jamais d'où venait son malheur. Elle n'était pas blessée et l'os ne semblait pas être touché. Cela l'avait confortée dans son idée que rester ici n'était pas une bonne idée. Le mois suivant, elle restait dans son lit et ne faisait plus rien d'autre. Elle avait perdu toute envie de vivre. Elle était enfermé, tel un petit oiseau en cage, et elle ne pouvait rien faire pour ça. Les seuls moments qu'elle semblait apprécier, c'était les heures du repas. Kwang, malgré ses problèmes de comportements et d'interactions avec les autres humains -il était du genre timide et peureux- était un garçon très gentil avec qui il lui plaisait de discuter chaque jour.

Au bout de 3 mois, elle avait finit cependant par accepter son sort. Elle avait une dette envers Vincent qui avait prit des risques pour lui permettre de vivre et elle n'avait pas le droit de cracher sur cette chance qu'on lui donnait. Son bras lui faisait toujours mal, mais elle avait finit par s'accomoder de cette douleur. Voyant qu'elle avait finalement décidé de se calmer, il lui a donc autorisé à quitter sa chambre et à se déplacer dans l'aile ouest. Le plus clair de son temps, elle le passe parmi les livres. Elle avait déjà appris à lire, évidemment, mais beaucoup de livres étant écrit dans d'autres langues, elle a pu découvrir de nouveaux horizons. Vincent ne les parlait bien évidemment pas toutes, mais il a quand même prit le temps pour elle, lui apprendre des bases, des mots. Le reste du temps, elle restait dans la chambre du vampire. Il n'était pas très bavard, un peu rustre et clairement pas à son aise avec les enfants -ou bien les filles, elle ne saurait encore dire. Il avait parfois tendance à se mettre en colère contre elle si elle faisait une bêtise ou trop de bruit pendant qu'il travaillait, mais jamais il ne l'a blessé. Il est colérique mais pas agressif. Quelque part, elle continuait d'avoir peur de lui, une certaine méfiance qui ne partira sûrement jamais de par sa nature de buveur de sang, mais il n'empêche qu'une fascination enfantine à finit par naître en elle.

Sa vie au manoir était en toute somme plutôt simple et assez joyeuse malgré tout. Aujourd'hui cependant, elle était triste. La fin de l'année approchait, et Kwang n'était toujours pas venu la voir. Elle l'avait attendu dans sa chambre toute la journée. Elle a vu les heures défiler une à une sans que jamais personne ne lui rende visite. A défaut de ne pas encore avoir eu de repas -ce qui lui était secondaire, au final- la présence de Kwang était l'une rares choses qui lui permettait de lutter contre son besoin de liberté. En fait, elle se refusait à l'abandonner ici, à son triste sort, lui qui paressait si fragile. Petit à petit, elle voyait le soleil disparaître dans une douce lumière orangée qui teintait la neige immaculée. Le crépuscule était le moment de la journée qu'elle préférait. Un couché de soleil lui mettait toujours du baume au cœur, et voir apparaître les premières étoiles dans un ciel azuré lui donnait l'impression d’assister à un événement unique. Mais cette fois, le crépuscule lui laissait un arrière goût amer. Pourquoi Kwang n'était-il toujours pas là ?

« Leffy ? »

La voix derrière la porte fit écho dans son esprit. Sans même s'en rendre compte, son corps bougea de lui-même. Si elle l'avait pu, elle aurait directement arraché la porte.

« Kwang ! »

Mais son espoir disparu bien vite. A peine avait t-elle déverrouillé la porte qu'elle s'était souvenu que jamais Kwang n'aurait pu prononcer son prénom ainsi. Elle recula pour laisser l'homme rentrer.

« Ravi de voir que tu arrives à confondre ma voix avec celle d'un esclave, muet de surcroît. », la railla t-il en fronçant les sourcils.

« Vincent. Où est Kwang ? Pourquoi il n'est pas venu ? Il ne lui ai rien arrivé, dis-moi ? Vincent ! Réponds moi ! »

Mais l'albinos se contenta de s'avancer dans la chambre sans prendre compte des plaintes et questions de la petite. Il lâcha l'assiette qu'il tenait sur la table de chevet et se tourna vers elle, silencieux. Elle le toisa, attendant une réponse claire de sa part. Mais elle aurait pu attendre comme ça une éternité sans qu'il ne dise un mot. Elle serra les poings.

« Très bien... », cracha t-elle d'une voix tremblante.

Elle tourna les talons et se mit à courir dans le couloir. S'il ne voulait pas lui dire ce qu'elle voulait, alors elle irait chercher l'information d'elle-même. Elle vira sur sa gauche et descendit quatre à quatre les marches du grand escalier de l'aile ouest. Elle s'activa jusqu'à l'imposante porte de bois bordeaux qui menait au hall central du manoir. Sa main n'eut cependant pas le temps d'attraper la poignée qu'elle se sentait tirée par le col de sa chemise. Ses pieds quittèrent alors le sol et elle fut projetée à plusieurs mètres en arrière, roulant par terre en se protégeant avec les bras.

« Je t'ai interdis de sortir d'ici, Eleftheria ! »

La voix de Vincent éclata dans le couloir vide. La petite resta au sol, secouée. Elle ne su même pas comment il avait pu arriver aussi vite jusqu'à elle sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle prit alors son courage à deux mains et, sans pour autant lever les yeux vers lui, elle se mit à crier autant que lui.

« Kwang ! Ou est-il ?! Dis le moi ! Je veux le voir ! »

« Je n'ai aucune explication à te donner ! »

« JE VEUX LE VOIR ! »

« J'AI DIS NON ! »

Ce cri était plus proche du rugissement d'un lion que d'une colère humain. Elle cachait son visage entre ses bras, allongée par terre, ses épaules secouées de larme qu'elle ne pouvait contenir. Ses sanglots s'élevèrent ainsi un long moment, sans que Vincent de daigne -ou n'ose- reprendre la parole. Elle se releva, la tête baissée. On pouvait voir les filets d'eau qui glissaient jusqu'à son menton et qui poursuivait inexorablement leur chute vers le paquet frais du couloir.

« Tu... Tu l'as tué, hein ? Il est mort... C'est toi... C'est de ta faute... Tu n'es qu'un monstre !

Elle partit précipitamment vers les escaliers et, après quelques secondes, on pouvait entendre l'écho violent d'une porte que l'on avait claqué. Vincent, resté là, n'était même plus bien sûr s'il devait être en colère ou compréhensif. En quatre ans d'enfermement dans le manoir, Kwang avait été la seule personne avec qui elle avait pu se lier d'amitié. Bien sûr, il n'était pas vraiment la cause de sa mort, mais il n'avait pas tellement ni eu le temps, ni trouvé les mots pour ne pas attrister l'adolescente. Malheureusement, l'inconsciente avait voulu lui désobéir, et il n'avait pas du tout apprécié l'idée. Si Xanthe avait donné sa vie pour la protéger, alors, en temps que son maître, il était de son devoir de satisfaire sa dernière volonté.

La tête commença à lui tourner. Lorsque la nuit arrivait, son pouvoir revenait avec, et il était encore un peu trop spontané pour réussir à le contrôler, surtout lorsqu'il se mettait en colère comme ça. Sa gorge était sèche. Il avait soif. Il observa l'escalier en se demandant s'il ferait mieux d'aller voir Leffy pour la réconforter. Il grogna avant de franchir la porte vers le hall ; pendant un centième de secondes, il s'était demandé quel goût son sang pourrait-il bien avoir.

___________________________________
4 janvier - 5 ans plus tôt

Les jours suivant la mort de Kwang, elle les passa enfermé dans sa chambre. Apparemment, Vincent n'avait pas trouvé juste d'honorer la mort d'un de ses esclaves. Après tout, il n'était que ce qu'il n'était, un esclave. Un humain sans valeur qui ne méritait pas que l'on s’intéresse à lui, qui n'était là que pour servir et se taire. Alors, elle avait eu une idée toute simple. Sur le calepin qu'il utilisait pour communiquer avec elle, elle avait écrit son prénom, puis planté l'une des roses un peu fanée, qui vieillissait doucement sur la commode, dans le bout de papier. Lorsque la lune s’éleva dans le ciel d'encre, elle ouvrit la fenêtre de sa chambre -que Vincent avec accepté que l'on rouvre l'été dernier à cause de la chaleur- et mit le feu au tout. Elle observa tristement les morceaux de papiers et de fleurs brûlés s'envoler dans le vent de l'hiver. C'était pour elle comme si elle avait pu déverser ses cendres, et en même temps libérer son âme de cette prison. C'était idiot, mais c'était tout ce qu'elle avait trouvé pour tenir le coup.

Plusieurs fois, on était venu frapper à sa porte, qu'elle gardait inlassablement fermée. Sûrement un nouvel esclave attitré que Vincent lui avait envoyé pour la nourrir. Elle n'avait pas faim de toute façon. Elle était repartie à zéro. Elle n'avait plus l'envie de vivre, de se battre, de s'amuser ici. Elle était de nouveau un petit oiseau dans une cage que son maître aimait ouvrir pour lui faire croire à un semblant de liberté, et dès que l'oiseau voulait sortir, il la referme aussitôt. Elle s'assoit sur le rebord de la fenêtre, et se demande ce qu'il se passerait si elle décidait de se laisser tomber de là-haut. Ses jambes se balancent dans le vide. Est-ce que se serait douloureux ? Est-ce qu'elle mourrait sur le coup ? Est-ce qu'elle pourrait aller rejoindre Kwang ? Elle rit. Peut-être qu'elle pourrait l'entendre parler, maintenant qu'il n'est plus bloqué par son enveloppe physique. Elle lui imagine une voix tremblante, pas très sûre, peut-être pas très mature non plus. Ça collait bien.

Elle se penche un peu plus en avant. Elle peut voir les amas de neiges qui ont survécu à la fonte de la veille sur le bord des murs du manoir. Elle peut voir les buissons dépourvu de feuilles dans le jardin, et les sapins qui résistaient encore et toujours à l'envahissant hiver. Qui la regretterait de toute façon ? Elle n'a ni parents ni frères. Elle ne s'est jamais liée d'amitié avec quiconque hors du manoir. Elle n'a jamais connu personne d'autre ici qu'un esclave décédé et qu'un vampire tyrannique. Elle ferme les yeux. Que pourrait-elle espérer de cette vie là ? Rester enfermée pour toujours, jusqu'à ce que la vieillisse l'emporte, afin d'échapper à une famille de vampire qui voulait la punir. Ou attendre que le vampire qui l’héberge finisse par se lasser d'elle et qu'il décide de boire à sa nuque jusqu'à la tuer. Ah non, c'est vrai. Monsieur ne mange pas de ce pain là. Il la donnerait sûrement à ses goules. Elle espère avoir un peu plus de chance dans sa prochaine vie, si tant est qu'il y en aura une.

Alors, un éclat monstrueux résonne dans la chambre. Une explosion puissante, suivit d'un fracas de bois et de métal. La surprise de voir la porte de sa chambre ainsi défoncée la poussa vers l'avant. Elle se sent glisser vers le vide, elle quitte son perchoir. L'oiseau essaye de s'envoler mais on lui a coupé les ailes depuis longtemps. Elle regarde vers la chambre et n'a le temps que de voir une masse de cheveux blancs avant d'être happée totalement par le vide. Elle se recroqueville sur elle-même. Elle tombe. Elle tombe... Elle va mourir... Elle ne veut pas regarder dans combien de secondes elle va atteindre le sol.

« LEFFY ! »

La voix fait écho dans le silence glacé de la nuit. La seule personne à l'avoir jamais appelé comme ça. La seule personne à avoir prit la peine de prendre soin d'elle. La seule personne qui l'avait instruite, qui l'avait nourrit, logée, protégée. La seule personne qui avait prit un risque énorme à la laisser en vivre. Et elle était là, à l'abandonner, comme on l'avait abandonné elle aussi. Elle connaissait cette douleur de perdre un être qui nous est cher, et comme une égoïste, elle n'a pas pensé qu'elle était sur le point de donner à son tour cette souffrance. Et par réflexe, elle tend le bras vers le haut. Sans le voir, sans le regarder, elle sait qu'il est là, qu'il va l'attraper, qu'il va la sauver. Elle sent une étreinte au niveau de son poignet. Elle se sent tirée. Elle sent une main tiède qui la tient fermement. Dès lors, elle n'a plus peur. Elle n'a plus envie de mourir. Elle n'a plus envie de disparaître. La culpabilité l'envahi peu a peu. Sa chute est doucement ralentie. Un torse se presse contre elle, des bras puissants l’enserrent, et l'atterrissage se fait le plus simplement possible. Simplement mais non sans une certaine violence. Il était allongé par terre, Leffy sur lui pour pouvoir amortir le choc. Il a le souffle court et respire bruyamment.

« Je vais vraiment... finir par croire que tu veux ma mort... », râla Vincent d'une voix rauque.

Leffy chouina en pouffant. Ce n'était pas comme s'il était immortel après tout. Elle avait cependant comprit qu'elle était assez importante pour lui pour qu'il ne souhaite sa mort à aucun moment. Et quelque soit la raison, elle s'en contentait. Savoir qu'elle était de nouveau importante pour un être vivant lui suffisait.

___________________________________
21 mai - 3 ans plus tôt

Depuis le soir de "l'enterrement" de fortune de Kwang, Eleftheria n'a plus jamais tenté de s'enfuir ou de mettre fin à ses jours d'une manière ou d'une autre. Elle avait décidé de considérer sa vie au sein du manoir comme sa nouvelle réalité. Vincent était devenu sa nouvelle famille. A 16 ans, le plus gros de sa crise d'adolescence était passé, comme il plaisait souvent au vampire de le lui rappeler. Vivre avec lui n'était pas non plus rose tous les jours. Il lui arrivait encore souvent -peut-être même plus au fil des années- de se mettre en colère contre elle, ou de crier sans raison apparente. Elle avait donc forgé le gros de son caractère là-dessus. Elle avait apprit à lui tenir tête, à lui dire ses quatre vérités droit dans le blanc des yeux, à hausser le ton autant que lui, et à défendre ses droits et ses idées. Elle restait malgré tout très respectueuse envers lui. Après, et fort probablement pour compenser, un côté excentrique à finir par naître en elle, à l’instar du tempérament calme et sérieux du vampire.

Elle continuait tout de même à souffrir de l'enfermement et de l'absence totale de vie sociale. Si bien que le manque de soleil se sentait toujours plus sur sa peau. La pauvre avait la peau aussi pâle que celui de son colocataire, ce qui se remarquait d'autant plus avec le contraste causé par longue chevelure brune. Pour remédier à ça, Vincent avait fait quelques aménagements l'automne dernier. A l'arrière du manoir, un jardin avait été créer uniquement pour son usage. A l'abri des regards indiscrets, Leffy pouvait retrouver un morceau de nature en toute quiétude. Ca ne réglait toujours pas le problème du manque de sociabilité, mais elle avait finit par s'y résigner.

Ce jour là, elle avait passé le plus clair de son temps dans la chambre de Vincent, à lire un roman fantastique affalée dans son lit. Elle aimait bien l'atmosphère qui se dégageait de la chambre du vampire. Tout y était toujours soigné et calme. On avait l'impression que même les meubles faisaient un effort pour rester silencieux. De toute manière, Vincent était le seul être vivant cette maison qu'il lui était autorisée de voir. Il avait préféré ne pas prendre le risque de lui attitrer un nouvel esclave pour lui tenir compagnie, de peur que celui ci le trahisse. Elle qui avait toujours cru que ses serviteurs lui étaient d'une fidélité sans faille.

« Ca, c'est juste pour la forme. C'est parce qu'ils y sont obligés. Mais crois-moi, ils feraient n'importe quoi pour pouvoir mettre un vampire dans l'embarras. », lui avait-il répondu.

« Et Kwang alors ? »

« Kwang, ce n'était pas du tout la même chose. Je lui ai sauvé la vie, et c'était tout ce qu'il pouvait faire pour racheter la dette qu'il avait envers moi. Je dois t'avouer que je me serrais bien passer d'un esclave comme ça, il ne me faisait pas vraiment honneur, mais il avait l'air heureux. »

Elle n'avait plus jamais prononcé le nom de Kwang après ça, et il avait été décidé qu'elle prendrait ses repas avec son hôte maintenant. Malheureusement aujourd'hui, il avait dû s'absenter toute la journée pour on ne savait trop quoi. Il fallait dire qu'il n'était jamais vraiment précis quand il s'agissait de ses sorties du manoir. Elle avait quand même de quoi se nourrir, Vincent n'était pas idiot au point la laisser sans nourriture toute une journée. De toute manière, cela n'arrivait jamais souvent. Elle avait appris à ses dépends que les vampires avaient plus de facilité à sortir la nuit. Ce n'était pas vraiment quelque chose qu'elle savait ou qu'elle avait remarqué avant. Dans la rue, elle était plus occupée à assurer sa survie qu'à faire attention à ces sales bêtes. Vincent lui avait expliqué que c'était une histoire de pouvoir, ou quelque chose comme ça.

Le ciel commençait peu à peu à prendre des couleurs plus foncées. Elle venait de finir d'engloutir sa tarte aux fraises quand elle entendit la porte menant à l'aile ouest s'ouvrir dans un grincement sinistre. Ravie, elle avala son verre de lait précipitamment et se posta en face de la porte de la chambre.

« Bon retour à la maison ! », s'exclama t-elle lorsque celle ci s'ouvrit.

Vincent sourit doucement en lui caressant le dessus du crâne. Il s'engouffra rapidement dans la pièce pour aller poser la grosse boîte qu'il transportait alors. Il avait souvent tendance à rapporter plein de choses étranges lorsqu'il sortait, pour une sorte de collection de bizarrerie qui prenait une étagère complète de la bibliothèque. Elle se mit à tourner autour de la boîte cylindrique couverte par un drap.

« Mmh ? Qu'est ce que tu as trouvé cette fois ? »

« Tu poses trop de questions. »

« Je n'en ai posé qu'une seule... », s'exaspéra t-elle.

Il soupira en retirant sa veste et s'affala dans un fauteuil gris. Il semblait exténué de sa sortie, et commença à somnoler doucement. Elle se contenta de rester là et de le regarder, le temps qu'il se repose. Contrairement à elle, lui n'avait pas changer d'un iota. Ses cheveux blancs étaient toujours aussi décoiffés au dessus de sa tête, il était toujours aussi grand et juvénile, il était toujours aussi détaché du monde et nonchalant. Alors qu'elle s'était vu vieillir, grandir, changer, évoluer au fil de ses années passées ici, Vincent avait toujours garder l'aspect d'un jeune adulte de 24/25 ans.

Il finit par rouvrir un œil -le seul qui était visible de tout manière- vers elle. Sans se redresser, il tapota sur ses genoux, l'incitant à venir s'y asseoir. Silencieusement, elle s'approcha et s’exécuta. Il colla son torse à son dos, passa ses bras autour d'elle et nicha son nez dans la naissance de sa nuque. Ça, c'était sa lubie du moment. Vincent était quelqu'un d'assez spontané. Il ne réfléchissait jamais vraiment à ce qu'il faisait ou ce qu'il disait, il se contentait d'agir selon ses envies. Il ressemblait plus à un enfant gâté qu'à un adulte vampire sanguinaire.

« Une journée difficile ? »

« Tu poses trop de questions, j'ai dis. »

« C'était une déduction plutôt. Et puis de toute façon, ça ne te tuerait pas d'y répondre... »

Il ne répondit évidemment pas. Elle n'avait jamais su si c'était pour se donner un genre ou s'il avait toujours été aussi mystérieux. Il ne lui parlait jamais de ce qu'il faisait à l'extérieur. Au bout d'un temps, un piaillement aigu le sortit de sa rêverie. Doucement, il se décolla d'elle en râlant avant de la faire se relever, se redressant à son tour.

« Désolé, j'avais faillis t'oublier. »

Il ne s'adressait visiblement pas à elle, mais à la boîte qu'il avait ramené. Il n'avait quand même pas trouver une babiole bruyante... Si cette chose était vouée à finir dans la bibliothèque en plus... Il souleva le drap. Leffy se pencha pour regarder ce que contenait la fameuse boîte, qui se révéla être une cage aux barreaux dorés. Vincent en sorti quelque chose et se retourna vers elle, le bras tendu.

« Hum... Joyeux anniversaire. »

Au bout de sa main, se tenait un petit oiseau, pas plus grand qu'un poing, à moitié éveillé. Il était minuscule, il ressemblait à une boule de plume brune et blanche. Ses instincts de filles refaisant soudainement surface, elle tomba totalement sous le charme de ce petit animal. Oh évidemment, ce n'était pas vraiment son anniversaire aujourd'hui, mais Vincent faisait parti de ce genre de personne qui avait besoin d'une raison pour faire un cadeau à quelqu'un. C'était la 3e fois qu'elle fêtait son anniversaire cette année.

« C'est une chouette chevêche. Elle est encore jeune mais je me suis dis qu'elle pourrait te tenir compagnie. »

« Elle est mignonne. Comment elle s'appelle ? », murmura t-elle en caressant la tête du rapace du bout du doigt.

« Aucune idée. », répondit-il en haussant les épaules.

Elle la fixa longuement. La petite chouette finit par ouvrir ses grands yeux jaunes sur elle. Ses deux billes or faisaient pratiquement la moitié de sa tête, et son bec était à peine visible dans son amas de plumes.

« Mmh... Alors elle s'appellera Fuki. »

La chouette piailla dans une sorte de « kiou » bref et sonore. Leffy n'était bien bien sûre si elle avait comprit ou si elle était juste contente que l'on s'intéresse à elle. Elle tendit sa main vers l'oiseau qui, après l'avoir méticuleusement étudié de son regard sérieux, décida que c'était une approche amicale et que la main qu'on lui présentait était digne de devenir son perchoir. En guise d'accord de non agression, la chouette se mit à mordiller doucement le bout de son pouce.

« Remet la dans sa cage maintenant. Je ne veux pas qu'elle se mette à voler partout dans le manoir. »

« Héhé. Tu n'as pas écouté : elle s'appelle Fuki., ria t-elle. Tu peux jeter cette cage, je n'ai pas l'intention de l'utiliser. »

Elle lui afficha un grand sourire avant de sortir de sa chambre.

« Ah ! Attends ! »

Elle pensait au départ qu'il se serrait fais un plaisir de la disputer pour avoir contre-dit l'un de ses ordres alors qu'il avait eu l’extrême bonté de lui trouver un compagnon, mais ce fut tout autre. Lorsqu'elle se retourna, elle le vit entrain de fouiller dans la pile de bouquin qui traînait dans un coin de la chambre. Il finit par en sortir un qui, sans qu'elle ne sache pourquoi, lui rappelait fortement quelque chose. Il était tout simple, avec une couverture en cuir vert foncé. Il ne semblait pas avoir de titre cependant.

« Je pense qu'il aurait aimé que tu le lises. », dit-il simplement en posant le livre dans sa main libre.

« Qui ça, il ? »

Il répondit juste par un sourire triste et compatissant. Haussant un sourcil interrogateur, Leffy se dirigea dans sa chambre en compagnie de Fuki et de ce livre sans nom. A peine eu t-elle ouvert la porte de la pièce que la petite chouette s'envola gracieusement de sa main pour aller s'installer sur l'abat jour de sa lampe de chevet. S'affalant dans son lit, elle feuilleta rapidement l'ouvrage. Il avait été écrit à la main, et seule une petite moitié des pages étaient remplies, les autres commençant peu à peu à se teinter d'une couleur jaunâtre.

Elle allume la lampe -ce qui ne dérangea aucunement Fuki qui s'était déjà rendormie- pour mieux voir ce qui l'y était écrit et s'installa plus confortablement sur le ventre, le livre posé sur son coussin. Elle prit une page au hasard.

Je crois que c'est elle. Je n'en suis pas bien sûr. Maître Vincent m'a dit qu'elle était censée se trouver dans les environs. Maintenant que je l'ai vu, j'aurais du mal à en douter. Je n'arrive pas à croire que ce soit ma mère. On m'a arraché à elle lorsque j'étais tout petit, envoyé à l'Orphelinat et offert à la maison Moreas, mais j'ai quand même pu la retrouver. Je n'ose pas encore aller lui parler, je pense qu'elle ne me reconnaîtra pas de toute manière, ou qu'elle me reniera...

Elle fronce les sourcils. On venait apparemment de lui refourguer le journal intime d'un des esclaves de Vincent, un Goule qui plus ait. Elle tourne les pages avant de s'arrêter aléatoirement sur une deuxième.

Maître Vincent m'a encore permis de sortir aujourd'hui, j'en ai donc profiter pour aller voir ma mère. Je pense qu'il est beaucoup trop permissif avec moi... Elle est restée à la maison toute la journée, donc, comme d'habitude, je n'ai pas bougé de ma cachette et je l'ai observée. Elle est vraiment belle, mais elle paraît toute faible ses derniers temps. Elle se nourrit pourtant plus que la fois dernière et semble prendre de l'embonpoint. J'espère qu'elle n'est pas malade.

10 décembre, 7h du soir, me voilà grand-frère d'une petite fille. Maman a vraiment souffert de cette période mais elle semble aller bien, la petite aussi. Elle a beaucoup de cheveux, ils sont bruns, comme ceux de notre père. Je ne sais pas encore comment elle veut l’appeler. J'aurais aimé être là avec elle, mais il y a longtemps que je ne fais plus parti de leur famille. J'espère juste que la petite n'aura pas à subir le même sort que moi, qu'elle pourra profiter de sa liberté.


Elle commence à comprendre peu à peu. Elle tourne les pages jusqu'à la dernière en date.

La maison a été détruite. Les vampires ont tout démolis sur leur passage. Tout a prit feu à une vitesse étonnante. Maman avait des dettes je crois, je n'ai pas bien fais attention aux détails. Tout ce dont je me souviens, c'est de son pauvre corps battu coincé sous les briques. Elle était morte avant que je ne puisse faire quoique ce soit. Je m'en veux. J'aurais dû accepter la proposition de maître Vincent lorsqu'il a proposé de les héberger... Par contre, je n'ai pas retrouvé Sappho. Je pense qu'elle a réussi à s'enfuir, mais je ne sais pas où. La pauvre, elle doit avoir peur, toute seule, sans personne pour l'aider. Je vais essayé de profiter de mes sorties pour la trouver avant qu'on ne la transforme en esclave. J'en profiterais aussi pour lui demander son vrai prénom... Il serait de bon ton qu'au bout de 9 ans, je sache enfin comment elle s'appelle... Quel mauvais grand frère je fais.

La page suivante est écrite avec une plume et une calligraphie différente. Elle est beaucoup plus sobre et élégante. Elle reconnaît immédiatement cette écriture.

Xanthe Moreas, mort dans la nuit du 16 décembre à 19 ans, goule attitré de Vincent Evan Moreas. Il est mort pour sauver la vie d'une petite fille à laquelle il semblait profondément lié. Son corps a été emporté, ne laissant derrière lui qu'une simple tâche de sang. Ne pouvant honorer sa mort comme il se doit, je poserais sur papier ses derniers instants. La jeune enfant qu'il a protégé venait d'être attaqué par l'un des frères Theyn, Julius. Celui ci aurait utilisé son pouvoir d'électrochoc pour l'assommer, prétextant une punition pour un vol qu'elle aurait effectué. Xanthe l'aurait alors dérobé aux vampires pour l'amener en lieu sûr. Il est mort lors de la poursuite, réussissant malgré tout à sauver l'enfant d'une mort certaine. Je pense qu'il est de mon devoir de maître, et en rédemption pour mon incompétence à protéger mon serviteur, de garantir une sécurité à l'enfant qui a pénétré malgré elle l'enceinte de ma demeure. Je remettrais lui ce journal lorsqu'elle aura grandit.
Fiche par Arrogant Mischief sur Epicode, retouchée par Eric Von Bunckenmark


Dernière édition par Eleftheria S. Moreas le Mer 12 Nov - 12:11, édité 8 fois
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eric Von Bunckenmark le Dim 2 Nov - 1:58


HAN, CE TITRE ! C'EST COMME DANS MES COURS DE THÉÂTRE ! HAN C'EST BOOOOOON Kreygasm

Vivement ta fiche ! :k2:
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eleftheria S. Moreas le Mer 12 Nov - 11:34

♦ Description de votre personnage (suite) ♦
Elle referme doucement le cahier et le pose près de la lampe. Elle se tourne pour s'allonger sur le dos et fixe sans vraiment le voir le plafond blanc. Elle ne savait pas vraiment si elle devait pleurer ou être reconnaissante envers Vincent pour lui avoir remis le journal. Une grande partie de son existence venait de lui être révélée, tout simplement. Elle n'avait jamais su comment elle était arrivée chez Vincent, ce soir d'hiver où elle avait été attaquée. Elle n'avait jamais su pourquoi, un jour, en rentrant chez elle, elle n'avait retrouvé que des ruines fumantes et sa mère qu'on disait morte. Elle n'aurait jamais cru que son frère tué par des vampires à la naissance était en fait devenu un goule. Il avait disparu avant qu'elle ne naisse. Elle ne l'avait jamais connu que par les quelques bribes de souvenirs de sa mère, qui ne l'avait finalement pas connu plus qu'elle. Mais alors qu'ils ne s'étaient même jamais parlé, il avait donné sa vie pour la sienne. Elle ferme les yeux, en songeant qu'elle avait des milliers de questions à poser à Vincent et des réclamations qui ne seraient de toute manière jamais entendu. Mais une seule lui vint à l'esprit avant qu'elle ne sombre dans les limbes d'un sommeil profond et lourd ; Comment était son frère ?

___________________________________
2 août - 2 ans plus tôt

Les « kiou » résonnaient avec rage dans le jardin. Fuki s'était trouvé comme passion la chasse aux cigales qui chantaient l'été dans les arbres. Mais les insectes avaient la sale manie de la faire tourner en bourrique en changeant l'origine de leur chant, la faisant à chaque fois tourner brutalement alors qu'elle était persuadée de trouver de la nourriture. Leffy l'observait à l'ombre de la maison, allongée dans l'herbe. La petite chouette avait atteint sa taille adulte et ressemblait beaucoup moins à une boule de plume maintenant qu'elle avait grandit. Elle restait malgré tout un modèle réduit en terme de rapace, et ses congénères nocturnes avaient tôt fait de lui rappeler qu'elle ne faisait pas le poids contre eux. Mais heureusement pour elle, Fuki faisait visiblement partie d'une espèce de chouette a qui il ne dérangeait pas de vivre et chasser le jour.

Leffy n'avait même plus besoin de prendre soin d'elle. Les premiers jours, la pauvre avait une furieuse envie de quitter le manoir et de retourner voir le monde extérieur. Mais la jeune fille n'était pas tellement d'accord avec le fait de voir disparaître sa nouvelle amie. Elle avait cependant concédé à lui ouvrir sa fenêtre, ne supportant pas l'idée de la garder enfermé ici alors qu'elle n'avait rien demandé. Elle n'avait pointé le bout de son bec que 3 jours plus tard, blessée par un oiseau plus grand qu'elle. Après cette expérience, Fuki avait comprit qu'il suffisait de se limiter à la clôture naturelle du jardin arrière pour pouvoir voler en toute quiétude et se nourrir comme elle le voulait.

En fait, tout allait trop bien depuis quelques temps. Après l'histoire de la découverte de la présence de son frère aîné au côté de Vincent, elle avait fini par décider que tout ça appartenait au passé. Xanthe, elle ne l'avait jamais vu, jamais connu, ne lui avait jamais parlé. Elle lui était reconnaissante de s'être sacrifié pour une petite fille qu'il ne connaissait que de vues, sous simple prétexte que leur lien de sang. Vincent semblait d'ailleurs surpris qu'elle ne lui en parle pas le lendemain de la lecture du journal. Un jour, elle avait finit par demander où est-ce qu'il avait enterré le corps, pour pouvoir au moins montrer à Xanthe qu'elle allait bien et que tout ce qu'il avait fait pour elle n'avait pas été vain. Mais Vincent avait tôt fait de lui rappeler l'un des passages qu'il avait écrit « ne laissant derrière lui qu'une tâche de sang ». Et une fois encore, on en revenait à la famille Theyn. C'était eux qui l'avait emporté, et a aucun moment ils n'ont semblé avoir l'intention de le rendre à son maître. Leffy ne fut pas affectée plus que ça. A chaque fois qu'on prononçait le nom de Theyn, c'est comme ci son cerveau se mettait en veille pour ne pas la faire souffrir un peu plus.

Après tout, ils étaient la cause de tous ses malheurs. Une grande partie en tout cas. Elle ne les avait bien sûr jamais accusé d'avoir mis le feu à sa maison pour punir sa mère de ne pas avoir payé les dettes qu'elle leur devait -elle était jeune à l'époque mais elle comprenait ce que ça signifiait. Personne ne savait vraiment qui en avait eut après elle. Mais pour le reste, à savoir, sa captivité forcée et la mort de son frère, elle aurait jeté sur eux tous les maléfices du monde si elle l'avait pu. Pour les « punir ». C'était visiblement un terme qu'il plaisait aux vampires d'utiliser lorsqu'ils mettaient en place leur propre justice.

En soit, la vie poursuivait doucement son cours. Fuki grandissait bien, et s'était attachée à elle. Vincent restait égal à lui-même. Il avait essayé de coiffer ses cheveux un jour, mais le résultat la fit tellement rire qu'il avait été décrété que plus jamais elle ne devait se plaindre de ne pouvoir le regarder dans les deux yeux. Elle avait signé pour ça. Littéralement. Leffy commençait d'ailleurs à croire que Vincent et la paperasse, c'était une histoire d'amour inconditionnelle. Elle, elle avait déjà bien entamée sa 17e année. Pour accompagner Vincent, dans sa "tonte", elle avait acceptée qu'il lui coupe les cheveux -qu'elle avait finalement toujours porté très long jusque là. Il avait réussi, difficilement, à donner une sorte de carré plongeant assez court qui lui avait plu. Elle les avait gardé comme ça depuis, et Vincent ne semblait pas regretter sa masse capillaire. Oui, car elle avait aussi finit par comprendre que Vincent était très mal à l'aise avec les êtres de types féminins. Elle avait toujours eu un doute, mais c'est lorsqu'il lui a expliqué qu'il n'avait sous ses ordres que des esclaves et goules masculins -qui sont assez rares à trouver- qu'elle avait fait le rapprochement.

Son ventre gargouilla bruyamment. Il devait être 18h. La pauvre était du genre constamment affamée et aimait bien manger. Sauter l'heure du goûter n'était pas dans ses habitudes. Mais elle était obligée de rester dehors pour l'instant. Monsieur le Vampire recevait une de ses connaissances aujourd'hui, et il lui avait donc gentiment demander de se cacher dans le jardin en attendant. Usuellement, se cacher dans sa chambre était amplement suffisant, étant donné qu'il ne recevait jamais personne dans ses appartements de l'aile ouest, mais pour d'obscures raisons, il la renvoya du manoir. Heureusement que l'été était chaud. Fuki arriva vers elle et se posta sur le haut de sa tête, lasse de chasser les cigales. Elle couina en picorant son front.

« Oui, oui. On va bientôt rentrer, ne t'inquiète pas. Vincent a dit que son invité ne resterait pas trop tard. »

Évidemment, puisque les vampires avaient le plus gros de leurs occupations "intéressantes" la nuit, ils ne perdaient pas leur temps à discuter avec leurs vieux amis. Mais elle était fatiguée d'être là à ne rien faire, et contrairement à la petite chouette, elle ne pouvait pas trouver sa nourriture dans le jardin. Décidée, elle se releva, faisant s'envoler Fuki de son perchoir qui poussa des « kiou » aigus, et se dirigea vers la porte qui menait à l'étage. Elle l'ouvrit le plus lentement possible et passa sa tête pour vérifier qu'il n'y avait personne dans le couloir. Elle grimpa les marches deux à deux et décala la tapisserie qui cachait l'entrée de l'escalier qui menait au jardin. Personne à gauche, personne à droite. La voie semblait libre. Sa chambre n'étant pas très loin, elle se hâta d'y aller lorsqu'un grincement derrière elle la fit se stopper net. La porte de la chambre de Vincent était entrain de s'ouvrir.

Une tête rousse en sortit, le visage regardant toujours dans la pièce dont elle venait de sortir. Elle retint sa respiration, comme ci elle pouvait se rendre invisible comme ça. Elle se paralysa sur place. Elle n'osait plus reculer de peur que l'inconnu ne tourne la tête vers elle et ne la dénonce. Et d'un coup, la douleur qui s'était éteinte dans son bras droit refit violemment surface. Elle serra les dents pour de pas gémir sous ce qu'elle venait de ressentir. Lui enfoncer une lame chauffée à blanc dans la chair vive de son bras aurait été une douleur moindre contrairement à ce qu'on lui infliger là. Elle attrapa son bras et planta ses dents dans sa lèvre inférieure, et se mit doucement, sans faire un bruit, à marcher à reculons vers sa chambre. Mais le rouquin tourna inévitablement la tête vers elle. Elle se stoppa net, comme ci une force invisible venait de retenir tous ses membres d'un seul coup pour qu'elle ait bien le temps de comprendre ce qui allait lui arriver.

Cependant, après avoir affiché un air surprit, le vampire lui offrit un large sourire amusé et, posant un doigt contre ses lèvres, lui fit signe de se dépêcher de partir. Apparemment, d'autres personnes étaient encore dans la pièce avec Vincent. Elle ne se fit évidemment pas prier. Elle choppa Fuki qui voletait calmement autour d'elle, couru jusque sa chambre, s'y enferma à double tour et se fourra sous sa couette en attendant que les invités aient quitter la maison. La douleur de son bras s'était soudainement envolée, de manière définitive cette fois, et les agitations dans le couloir se faisaient de plus en plus forte.

Elle patienta ainsi, sans oser respirer de peur que l'on puisse l'entendre, pendant plusieurs minutes qui semblèrent lui durer des heures. On l'avait vu. Un vampire inconnu l'avait vu. Oh. Ce n'était peut-être pas si grave que ça, au final. Il aurait très bien pu la prendre pour une esclave un peu perdue, pas pour une simple humaine recueillit ici. Mais pourquoi lui avait-il dit d'aller se cacher alors ? Est-ce qu'il était assez proche et digne de la confiance de Vincent pour qu'il lui ait parlé d'elle au préalable ? Est-ce que Vincent avait déjà parlé d'elle d'ailleurs ? Les vampires ne sont pas censé être clément envers les simples humains comme elle après tout. Elle se tuait à s’inquiéter comme ça. N'être vue de personne était devenu son quotidien à tel point que le fait de voir un autre visage après tout ce temps l'avait toute retournée. Une voix monta jusqu'à elle.

« Vincent, c'était un plaisir de converser ainsi avec toi. Mais je pense que nous n'allons plus tarder à prendre congés. »

« Arrête d'être aussi formel Julius. Je sais que ce contrat est important pour ta famille, mais cesse de prendre ton air pincé quand tu es ici. »

« Ahah ! C'est ce que notre père passe son temps à lui dire. C'est que môôsieur a prit la grosse tête depuis qu'il est sur cette affaire. »

« Fermez la... Je vous signal que l'on compte sur nous et que... »

« Mais oui, grand maître. Arrache toi le balai que t'as de coincé dans le cul et arrête de prendre tout... »

Les voix s’éteignent dans le fin fond du couloir. Elle ne bougea pas. Au bout d'un moment, elle entendit la porte de l'aile ouest s'ouvrir, puis des pas, puis la porte de sa chambre qui couina. Elle ne sortit pas la tête de sous sa couette.

« Je t'avais demandé de rester dans le jardin... »

Elle ne dit rien.

« Tu sais que tout ce que j'ai toujours fais, c'était pour ton bien. Pourquoi me le rends-tu de cette manière ? »
Elle serra les dents.

« Je sais qu'il t'a vu. Et les autres ont aussi sentit ta présence, mais ils n'ont heureusement pas fait tellement attention. Je sais qu'ils ont dû t'oublier depuis longtemps maintenant, tu n'étais qu'un jouet d'un soir pour eux. »

Un bruit sourd résonna dans un coin de la pièce. Il venait de se laisser tomber sur le siège en soupirant longuement. Un silence pesant s'installa.

« Ce Julius. C'était lui hein ? Celui dont tu parles dans le journal de Xanthe ? », finit-elle par murmurer.

« En personne. »

« Il va venir pour me tuer ? »

« Comme je te l'ai dis, il ne doit même pas se souvenir de toi. Gareth par contre... C'est une autre histoire. Il n'est pas méchant comme garçon, mais particulièrement manipulateur. Et il aime quand les choses deviennent "amusantes". En son sens, évidemment. »

Elle se mit à trembler.

« Tu... n'auras pas de problèmes... à cause de moi...? »

« Probablement que non, pouffa t-il nerveusement. Il faudra juste que je trouve le moyen d'avoir une petite discussion avec Gareth avant qu'il n'ait la bonne idée de réussir à me mettre dans l'embarras. Il se fiche du contrat en cours, s'il peut y mettre un peu de piment, il sera content. »

Elle ferma les yeux. Elle savait bien qu'elle venait de faire une très grosse bêtise. Une bêtise si idiote que Vincent n'avait même pas le courage de la disputer comme il le faisait toujours. Elle venait peut-être de ruiner un contrat important -quel qu'il puisse être- pour Vincent et en même temps ses relations visiblement amicales avec la famille Theyn. L’idée d'ailleurs qu'il ait toujours entretenue un lien avec ses ennemis naturels ne l'enchantait guère, mais elle n'était plus en droit de se plaindre de ça maintenant.

Elle l'entendit se lever pour partir. Ils allaient sûrement vivre une période difficile maintenant. Vincent serait toujours sur les nerfs et elle, encore plus privée de liberté. C'était écrit après tout. Tout allait trop bien depuis trop longtemps. Ça ne pouvait pas durer, c'est comme ça. Elle commençait à croire qu'elle portait malheur... Sa couette fut soudainement relevée, aspirant sur elle un courant d'air frais qui la fit frissonner de surprise. Un poids s'étala sur elle, de tout son long, coupant même sa respiration.

Vincent venait de s'allonger sur elle, le visage enfouit dans ce qui lui restait de cheveux. Elle ne savait pas vraiment comment réagir. Si il avait toujours eu des réactions surprenantes, voire bizarre, il ne s'était jamais montré aussi... avenant. Généralement, il s'assurait qu'elle ne voyait aucun inconvénient à ses agissements avant d'avoir ce genre de contact rapproché.

« Hum... Vinc... »

« Ne t'inquiète pas. Je ferais en sorte qu'il ne t'arrive rien. Jamais. Alors surtout, ne t'inquiète pas. Ne t'inquiète pas. S'il te plaît... »

Ne pas s'inquiéter. Elle l'avait comprit, ça. Elle rit doucement en plaçant ses mains dans son dos pour l'enlacer. S'il y avait bien une chose que Vincent avait toujours détesté, c'était de devoir la réconforter. Il s'y prenait un peu maladroitement à chaque fois, mais c'était touchant. Plusieurs fois cependant, elle sentit sa langue glisser le long de sa gorge et ses crocs caresser doucement sa peau pâle. Jamais, au grand jamais il n'aurait osé y planter ses canines et boire à sa gorge, mais à chaque fois quelle sentait son corps se réchauffer sous l'excitation, elle se mettait sur ses gardes. Ils restèrent ainsi enlacé jusqu'à ce que la lune n'ait totalement emportée le soleil loin derrière l'horizon. Elle s'était déjà endormie lorsque le vampire quitta la pièce.

Endormie...? Elle rouvrit les yeux quand elle fut sûre qu'il s'était assez éloigné. Elle sauta hors de son lit et ouvrit sa commode. Elle avait finalement prit sa décision, et elle avait bien l'intention de s'y tenir. Elle récupéra un gros sac de voyage et commença à y entasser le plus d'affaires qu'elle le put. Elle privilégia évidemment les vêtements, sans pour autant omettre de le journal de son frère.

Il n'y avait plus de question à se poser ; il fallait qu'elle parte d'ici au plus vite. Elle en avait assez de vivre au crochet d'un vampire inconnu sous prétexte qu'elle s'était faite attrapée par d'autres vampires stupides et imbus de leur pouvoir. Elle en avait assez de toujours causer plus de problèmes à celui qui prenait déjà assez de risques pour elle. Elle en avait assez de devoir se reposer sur lui alors qu'elle ne pouvait jamais rien lui apporter de bon. Partir était sa seule solution. Elle lui était reconnaissante pour toutes ses années passées en sa compagnie, bien qu'elles ne furent pas toutes simples, mais elle avait dépassé depuis longtemps la limite de l'abus pur et simple. Elle était bien ici, auprès de Vincent, mais cette rencontre avec l'un des frères Theyn lui avait rappelé quelque chose d’essentiel, qu'elle avait finit par oublier avec le temps : ils n'étaient pas du même monde.

Ils étaient au dessus des humains. Ils leur étaient supérieurs. Ils avaient tous les droits sur eux, sur leur vie, sur leur avenir. Elle n'avait pas le droit d'être là, à se prélasser toute la journée, à ne rien faire, et à en plus trouver le moyen de se plaindre de sa condition que beaucoup envieraient. Plus de sept ans qu'elle était ici et jamais, au grand jamais, elle n'avait prit la peine ou le temps de montrer sa gratitude envers lui. Et bien la voilà enfin, sa gratitude. Elle le libère de sa présence néfaste et encombrante. Elle ne lui apportera plus jamais de problèmes, d'angoisses ou de longues négociations tortueuses. Elle ne serra plus jamais dans ses pattes à le déranger, à réclamer, à râler. Elle jeta son sac par la fenêtre, le faisant atterrir dans un des parterre de fleurs de son petit jardin. Il n'aura plus jamais à s'inquiéter pour son sort, pour son appétit, pour sa santé. Elle s'assit sur le rebord de la fenêtre et se laissa glisser doucement jusqu'à une corniche qui dépassait du mur du manoir. Il ne la verra plus jamais, elle allait disparaître de sa vie aussi vite qu'elle s'y était introduite. Elle s'agrippa à la corniche et se laissa tomber dans une haie de buisson. La voilà hors du bâtiment. Elle choppe son sac, enfonce sa petite chouette dans la large poche de son blouson et accourt jusqu'au portail en fer menant à la sortie.

Eleftheria venait de rendre et de retrouver sa liberté.

___________________________________
Aujourd'hui

« J'vous jure ! Regarde moi ça »

« Ouais, et mon oncle, c'est le Drakul t'sais quoi ! »

« Putain mais t'as la preuve sous les yeux, qu'est-ce que tu m'veux ?! Eh la nouvelle ! T'en penses quoi ? »

Leffy leva le nez de son cahier pour fixer la jeune femme. C'était une grande rousse qui méritrait bien un bon coup de peine pour applatir un peu son opulante chevelure frisées. Elle était du genre meneuse de groupe -ce qu'elle était vraiment en fait- et très bruyante. Elle n'avait pas vraiment écouté leur débat, mais elle préférait être de son côté pour ne pas s'attirer ses foudres. Surtout que l'homme en face d'elle, et qui avait osé la contre-dire, était du même acabit que Kwang, sauf que celui ci était blond aux yeux verts limes. Elle soupira.

« Mmh... Je pense qu'elle ne ment pas. Ce genre de chose arrive souvent. »

« Tu vois ! Rends moi mon fric maintenant ! »

Elle esquissa un sourire compatissant en voyant le pauvre gars fouiller le fond de ses poches pour payer son pari perdu, fusillé par le regard azur de la rousse. Elle lécha le bout de son stylo avant de se remettre à écrire dans le cahier à la couverture verte.

... et l'hiver avait été plutôt rude sans rien à manger. Heureusement que je suis tombée sur Kalista et son petit groupe. Ils ont investis un bâtiment abandonné dans le fin fond de la Cité et vive dedans. Ils doivent être une petite dizaine. Je ne les connais pas tous, vu qu'il s'est constitué à l'intérieur du groupe d'autres groupuscules qui agissent ensemble. Je reste surtout avec elle et Dan. J'ai peur pour la survie de ce garçon. Je ne sais même pas comment il a fait pour rester avec elle jusque là sans perdre de membres. C'est qu'elle est du genre à mettre ses menaces à exécution. Moi sinon, je vais bien. La marque qui est apparu sur mon bras droit semble être l'action du pouvoir d'un vampire, d'après Kalista. Je pense avoir ma petite idée sur le coupable, mais je ne sais toujours pas pourquoi cette marque est là, ni ce qu'elle signifie.

« Allez la bleu, on se bouge. La nuit va plus tarder et j'ai pas envie de croiser l'un de ses connards de suceurs de sang de merde. »

« Ouais. Deux minutes. »

Elle referma le livre qu'elle cacha dans le fond de son sac et, imitant sa camarade, rabattu la capuche de son sweat sur ses courts cheveux châtains. C'était un truc qu'elle avait chipé dans l’armoire de sa chambre que quelqu'un avait dû oublier. Il y manquait les manches, mais le printemps était clément et elle n'était pas frileuse. Elle s'était habillé avec ce qu'elle avait trouvé à gauche à droite en fait, comme beaucoup des humains et métamorphes qui vivait ici -Kalista était d'ailleurs une métamorphe renard. Un T-Shirt orange déchiré, un bustier blanc et un large jean noir craqué et usé sur les bords. Elle s'en contentait largement. Elle avait toujours les mêmes bottes noires qu'elle avait emmené il y a 2 ans de cela du manoir Moreas. Il y a peu, elle avait même réussi à récupérer un large casque lors d'une escapade dans les beaux quartiers. Bien qu'elle doive se contenter de voler pour se nourrir, la situation actuelle lui satisfaisait amplement. « Chasser en meute était toujours plus gratifiant » disait Kalista.

A aujourd'hui, elle n'avait que deux regrets. Celui d'avoir abandonné celui qui fut son seul ami pendant de longues années sans même lui dire qu'elle allait bien, et celui de n'avoir toujours pas remis la main sur le vampire qui l'avait tatouée comme un vulgaire animal. La marque était apparu lorsqu'elle avait croisé le regard de Gareth Theyn, le plus jeune des trois frères Theyn. Elle était persuadé qu'il y était pour quelque chose, et elle voulait des explications. Emboîtant le pas au blond, ils sortirent du bâtiment délabré et traversèrent une rue qui ressemblait plus à une décharge qu'autre chose avant de déboucher sur une avenue mal famée des Bas-Fonds. Fuki ouvrit la marche. La chasse était ouverte. A eux de faire attention à ne pas se faire prendre et à rentrer avec le plus de nourriture possible.

A aujourd'hui, elle n'avait qu'un seul but. Préserver sa liberté si durement obtenue et la chérir jusqu'à ce que la Mort l'emporte.
Fiche par Arrogant Mischief sur Epicode, retouchée par Eric Von Bunckenmark


Dernière édition par Eleftheria S. Moreas le Jeu 13 Nov - 10:59, édité 4 fois
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eleftheria S. Moreas le Mer 12 Nov - 11:37

ET ! VOILA ! J'aurais mis du temps à la taper, mais elle a finit par arriver XD J'espère que vous allez vous amuser à la lire ENTIEREMENT xD Nan au pire, vous faites ce que vous voulez, mais j'me suis bien amusée à l'écrire moi .w. Et je pense qu'il y aura quelques predef qui découleront de l'histoire de Leffy d'ailleurs '^'

Sur ce ! Bonne nuit !

Awai, et c'est qui le connard qui a inventé les limites de mots par post sérieux ? Je ressemble à quoi moi, maintenant ? =^= /déception
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eric Von Bunckenmark le Mer 12 Nov - 11:57

... T'es sérieuse avec ton besoin de plusieurs posts ? Saleté de pavé x)

Elle va se marrer, Nym ! :k7:
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eleftheria S. Moreas le Mer 12 Nov - 12:00

Hey ! Hey ! J'ai dis que j'aimais les grosses histoires 8D J'suis pas coupable. Et pis elle est pas si longue que ça, au final .w.

(Vive mes 23 pages de Word en 11 xD)
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Nyméra L. Miller le Jeu 13 Nov - 7:22

J'avais pensé finir la fiche, j'suis un peu descendue... Et je suis tombée sur la seconde partie .w. Je finirai de lire quand j'aurais le temps...! qu'est-ce qu'il m'a prit de vouloir être modo bordel *^*

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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Nyméra L. Miller le Ven 14 Nov - 9:11

AYÉ!

Ca aura prit un peu de temps mais j'ai tout lu 8D

Bon d'abord félicitations hein, moi j'aurai jamais eus le courage d'écrire tout ça. Ton histoire malgré son incroyable longueur est prenante, les personnages sont vraiment "vivants" si je puis dire. Du moins ils sont si bien décris qu'ils pourraient être réels.

Cependant, j'ai deux trois petites questions parce que ben ouais, j'ai toujours des questions. C'est vraiment du détail, mais autant que cette splendide fiche le devienne encore plus.

-D'abord j'ai un problème avec les temps que tu utilises. Surtout dans la première partie, tu mélanges le récit au présent, puis le récit au passé, dans la même phrase parfois (par exemple : "Le visage fin de l'homme s'assombrit (passé simple), mais elle ne le regarde (présent) pas") Peut-être est-ce fait exprès? Mais ça revient plein de fois dans le texte.

-Ensuite un autre truc: pour l'histoire de la marque, j'aimerai savoir à quoi tu penses exactement (je sais pas si tu en avec parlé à Caly), en mp ou par skype pour garder le secret dans la fiche. Simplement pour savoir si ça colle avec le contexte et au niveau des vampires et de leurs capacités, etc.

Je ne vois rien d'autre. Le contexte est très bien respecté, l'écriture fluide, bref, je te conseille de l'enregistrer quelque part pour ne jamais la perdre, ce serait vraiment stupide x) Je te validerai après ça!

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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Eleftheria S. Moreas le Ven 14 Nov - 9:59

.w. Bon alors déjà, je te remercie d'avoir eu le courage de lire ce magnifique pavé que j'ai pondu *s'incline*

- Premièrement ! Alors ouais, c'est vrai que j'aime bien changer les temps, surtout parce qu'il m'arrive des fois de raconter l'histoire mais du point de vue de deux perso' différents (genre quand Vincent trouve Leffy sous sa porte). Après, assombrir se conjugue bien comme ça au présent, j'ai vérifié xD Mais dans le reste du texte, c'est normal, ouais .w.

- Et pis ! Alors ouais, pour la marque, c'est effectivement issus de la capacité de Gareth, mais comme j'avais l'intention d'en faire un prédef, et que Leffy ne connait pas vraiment l'origine de tout ça, j'ai pas plus développé que ca. Mais donc, on va dire que Gareth est un "traceur". En gros, il pose une marque sur quelqu'un et s'il la personne se trouve dans un certain rayon autour de lui, il peut savoir où elle est exactement. Mais comme il avait pas eu le temps de la poser correctement sur Leffy la première fois, la marque lui faisait (un peu) mal parce qu'elle apparaissait et disparaissait constamment et que la marque fait un assez mal au moment où on la pose (un peu comme une marque au fer chauffée tu vois, mais juste sur le coup '^')

VOILA .w. Et sinon ouais, tout est TOUJOURS hyper sauvegardé sur une clé/ordi/boite/livre toussa toussa xD
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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

Message par Nyméra L. Miller le Ven 14 Nov - 22:29

Ok, fail de l'exemple T.T Enfin si tu trouves que ça va avec la fiche, pas de problèmes ^^'

-D'accord, alors ca me convient parfaitement. Ca colle avec le cadre, toussa toussa.

Du coup t'es VALIDAY ! *sort le champagne*

N'hésites pas à faire un tour dans la partie "demande de rp" du fo', fiche de liens et tout le tralala 8D

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Re: Faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux - Leffy

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